Selon la Fondation Suisse du Service Social International, qui s’occupe des enfants, on estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre de gamins, qui ont besoin aujourd’hui d’une protection spéciale contre le trafic d’êtres humains en Afrique de l’Ouest.
Cette pratique est devenue un phénomène préoccupant en Guinée ces dernières années, car beaucoup de cas d’enlèvement d’enfants ont été signalés tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays.
Considérés comme de la marchandise par les trafiquants, précise FSSSI, des milliers d’enfants seraient acheminés chaque année depuis les pays pauvres (Mali, Bourkina Faso, Togo, Benin, Guinée,…) vers des centres économiques les plus riches (Abuja, Dakar, Libreville,….).
La FSSSI informe que les principales causes de ce trafic notamment en Afrique de l’Ouest restent la pauvreté. C’est elle qui pousse de nombreux gamins à se laisser séduire par la promesse d’une bonne éducation ou d’un meilleur emploi dans un pays voisin.
Les lacunes du système éducatif, ainsi que certaines valeurs et pratiques culturelles, comme le « don » des enfants ou sa mise au travail précoce, favorisant également le départ de ces tout-petits pour la recherche d’une vie meilleure.
Une fois à l’étranger explique la FSSSI , les victimes du trafic sont exploités : travail forcé, mendicité, enrôlés militairement (enfants soldats) et prostitution. Si certains enfants réussissent à s’enfuir, un grand nombre reste dans l’impossibilité de rentrer chez eux, venant ainsi grossir le nombre d’enfants des rues dans les grandes villes de la sous-région.
C’est dans ce contexte que la FSSSI envisage la mise en place d’un programme d’insertion sociale et professionnelle des enfants en situation d’isolement. Le programme se concrétisera par une action globale qui répond directement aux besoins des bénéficiaires et des acteurs locaux. Il se base sur une approche participative (enfants, familles, ONG,….) et sur la mise en réseau de neuf pays d’Afrique de l’Ouest (Guinée, Mali, Sénégal, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Bourkina Faso, Togo, Benin et Niger).
Le programme s’inscrit dans une approche sud-sud, qui consiste à développer une synergie entre ces pays en vue de trouver des solutions durables aux problèmes relatifs à la protection des enfants.
|